Les chevaux et les hippodromes avec passion

Certains le savent ; d’autres pas.
Mais mis à part la photographie  j’ai une grande passion ; c’est celle des chevaux et des courses.

Dans ma jeunesse et avec mon travail, j’ai pu acheter un cheval -une jument-,  l’entretenir et partager sa vie durant 7  ans. 7 ans de promenades, d’équitation académique, de plaisir, de saut d’obstacle parfois. De concours nationaux de dressage.
Puis le drame …  j’ai tout fait pour la sauver;  operation et 3 semaines en clinique vétérinaire. Retour au pré et moins d’une semaine plus tard prendre une décision qui a ce jour est encore douloureuse.
Le 15 septembre 1988 – 20h45 sont une date et une heure que je ne puis oublier (et pour raison car malgré le fait que les vétérinaires m’ont dit que ce n’était pas un empoisonnement -j’ai des serieux doutes face à la femme d’un entraîneur chez qui j’ai travaillé-, je n’y crois toujours pas.

Mais cette passion des courses alors ?
Laissez moi vous raconter cette histoire, elle me tient à coeur.

Puis, j’ai pu vivre de « dedans » le rêve que j’avais lorsque je voyais les courses à la télévision et qu’en voyant des lads promener leur partant dans « le rond » je me suis dit … je VEUX faire cela !

Les premières fois que je suis entrée dans un hippodrome cétait avec mes parents, je devais avoir 16 ans. Déjà  je regardais et aimais voir les courses de chevaux à la télévision. Mes parents n’étaient absolument pas joueurs mais visiblement allaient parfois aux courses. A Boitfort, Groenendael, Sterrebeek (ces trois hippodromes n’existent plus à l’heure actuelle).
Mais ma mère a baigné dans ce milieu car son oncle a été un entraîneur de chevaux de course, en Grèce puis à Bruxelles juste avant la deuxième guerre mondiale.  Le très célèbre jockey Christian Nagy a même été apprenti chez l’oncle de ma mère.

Quelques années ont passé puis ; un jour, alors que je devais avoir 22 ans/23 ans et que j’habitais à Rhode Saint Genèse, j’ai voulu revenir sur un hippodrome, cela me manquait.  Un dimanche qu’il y avait réunion à Groenendael et après m’être occupée de ma jument,  j’ai mit mes plus beaux vêtements et me suis rendue à pied à travers le bois (j’habitais en face de la forêt de Soignes).
Après trois bon quart d’heure de marche je suis arrivée au niveau du parking . Je me trouvais sur la piste cavalière derrière les arbres. J’ai vu un petit camion (plutôt un genre d’ estafette) et un homme qui allait débarquer un cheval. Je l’ai approché, lui ai dit ; bonjour Monsieur et lui ai dit « Monsieur, j’aimerais pouvoir entrer mais je n’ai pas d’argent. Est-ce que je pourrais entrer avec vous s’il vous plait ?
Il m’a dit oui ; allez, prend moi ce seau et suis moi.

Le seau avec le matériel de pansage (brosses, cure pieds etc ..) en main je l’ai donc suivi . J’étais contente, fière , de me trouver là où les spectateurs ne peuvent pas aller. j’étais au centre de ma passion .. je voyais de visu les lads s’occuper des chevaux dans les écuries, les préparer, les promener, les panser …
Il est monté vers les écuries en dur se trouvant juste en face « du rond » de présentation (il y avait des écuries dans plusieurs des endroits de l’hippodrome) et il s’est arrêté car une femme (un jockey) lui demandait visiblement quelque chose.
Il s’est alors tourné vers moi et a dit à cette femme; mais elle, elle pourrait peut-être le faire ?
Il m’a alors dit ; est-ce que tu aimerais promener un cheval ?

Là,  le monde s’est soudain arrêté ou presque pour moi. J’allais pouvoir faire moi même ce dont je rêvais.  J’ai dit oh oui Monsieur, merci.

J’ai alors suivi la femme jockey (je ne me souviens plus de son nom) vers les écuries en bois.Celles-ci (deux rangées de box en bois- se trouvaient derrière la rangée en dur qui elle se trouvait en face du rond de présentation.
Devant le box, j’ai voulu enlever ma veste pour brosser le cheval mais elle m’a dit que c’était fait. Elle avait besoin de moi pour le détendre avant de rentrer dans le rond. Elle allait chercher la selle et revenir le seller .
Avant de rentrer dans le rond elle m’a dit ceci : lorsque la course sera terminée tu reviens rentres sur la piste, tu prends le cheval avec la longe et si le cheval est  placé , je te guiderai. Sinon on reviendra vers les écuries.
Une fois dans le rond tu promènes le cheval en gardant tes distances avec les autres et tu suis les instructions qui pourraient t’être données.  Quand j’arrive tu me mets en selle et quand l’ordre est donné de sortir sur la piste tu suis les autres, tu entres sur la piste et tu me lâches.
J’ai suivi ses ordres. A la fin de la course j’ai ramené le cheval au box … elle est allée se faire peser.  Pendant ce temps j’ai détendu le cheval et lorsque elle est revenue elle m’a dit merci en me tendant de l’argent.
>>> je lui ai dit , on on est payé pour promener des chevaux ? Elle m’a dit ; mais oui.

Elle s’est alors occupée de son cheval car elle allait le ramener aux pistes d’entraînement de Groenendael situées aux portes de l’hippodrome où elle avait loué un box pour quelques jours chez des connaissances qui étaient propriétaires et entraîneurs.  Je lui ai alors demandé ; est-ce que je pourrais venir avec vous pour voir les pistes et l’écurie s’il vous plait ?
Oui c’est possible. Suis moi.

On est arrivées aux pistes d’entraînement. (il n’y avait que trois entraîneurs) A l’entrée des pistes se trouvait Jean-Marc Capitte (ses écuries sont devenues maintenant un bed and Breakfast) un autre entraîneur avait ses écuries sur la piste même -là habitaient Milou et sa femme. Milou était l’homme qui s’occupait de l’entretien des pistes d’entraînement-,  ainsi que celui chez lequel on se rendait.
Je suis alors entrée dans une écurie de chevaux de course en regardant cela avec bonheur et passion. La femme jockey est revenue vers moi et m’a dit ceci ; les entraîneurs recherchent une personne pour travailler dans les écuries (pas de monte) et accompagner aux courses. Est-ce que cela t’intéresserait ?

J’ai ouvert grand les yeux, je ne savais pas que ce jour là, en me rendant à l’hippodrome de Groenendael et grâce à cet entraîneur qui m’a fait entrer avec lui, qu’une boîte de Pandore me serait ouverte en m’offrant des cadeaux royaux les uns à la suite des autres.

Tout cela m’a permit de vivre mon rêve, car j’ai travaillé une saison chez cet entraîneur sur les pistes d’entraînement de Groenendael, puis j’ai travaillé chez d’autres.

Le joue où j’ai du partir je me suis présentée chez le petit entraîneur qui avait quelques box sur les pistes (chez Milou). Il payait déjà bien mieux que là d’où  je venais -(pas une seule fois ils ne m’ont donné un intéressement lorsque je ramenais un cheval gagnant ou placé -alors que c’est de mise dans toutes les écuries .. mais je ne le savais pas à l’époque), il trouvait que je travaillais tres bien mais je n’y suis restée que 3 jours. Un jour il n’a plus pu me garder car il m’a dit ceci … je ne pourrais plus te payer regardes … j’ai trois chevaux qui partent ce matin .

Par après, je suis même allée me présenter chez la célèbre Marquise de Murga mais cela n’a pas marché car j’aurais passé trop de temps dans les transports et n’aurait plus eu le temps de me reposer puis m’occuper de ma jument (elle n’avait pas accepté que je puisse avoir ma jument chez elle alors que plein de box étaient vides).

C’est même chez le dernier entraîneur chez qui j’ai travaillé (celui là même où je soupçonne encore sa femme d’avoir empoisonné ma jument) qu’un jour celui-ci m’a demandé de monter . Sachant que ma santé ne me permettait pas les galops il était convenu que sur place il ferait seul un premier galop puis viendrait monter après l’étalon sur lequel je me trouvais.  Nous sommes allés un petit lot vers les pistes d’entraînement et tout se passait bien. Comme la cour se trouvait de l’autre côté des pistes d’entraînement il nous a fallu traverser le carrefour de Mont Saint Jean , sur les passages cloutés . J’étais verte au moment de traverser … je regardais de haut les voitures passer sous le pont et celles qui circulaient autour de nous . Mais les chevaux eux ne bougeaient heureusement pas et le mien était calme.
Une autre anecdote de chez cet entraîneur (on se trouvait à Hoeilaert près du manège les Drags.
J’arrive un matin et descend vers les écuries et ma cour de 10 box aux grandes portes en fer bien lourdes.
Je suis surprise de trouver l’entraîneur allongé par terre devant la porte d’un box dans lequel se trouve un cheval que je ne connais pas encore; l’entraîneur semble reprendre ses esprits et est entouré de quelques personnes. Lorsqu’il se lève il me dit ; prends une tranche de foin, un seau et des brosses , la brouette et va t’occuper de ce nouveau cheval. (j’apprends entretemps que le cheval l’a éjecté du box).
Je rentre donc légèrement pas rassurée mais calme comme tout. Je mets la grosse brouette de travers et laisse la porte du box entrouverte (pas folle la guêpe).
J’ouvre donc la porte, y vois un beau bai (hongre) je rentre et lui dis calmement « salut toi ». Pour tout bonjour il se lève sur ses postérieurs et bat l’air avec ses antérieurs. Je le regarde calmement et lui dis « ca va, je peux entrer maintenant ? « .  Il débande sec , la tête entre les jambes ou presque et je peux rentrer.
Je vais directement mettre la tranche de foin dans la mangeoire et au moment de lui passer le licol il fait juste un peu d’esbroufe lais sans plus puis je l’attache et m’occupe de lui.
Lorsque j’ai terminé l’entraîneur me demande si je n’ai pas eu de problème et je lui réponds ; aucun tout s’est bien passé.
>> par après je me suis dit que certainement ce cheval (en l’occurence Tomahawk – un ancien « Franco ») avait lui faire la même chose qu’à moi en se dressant sur ses postérieurs et que l’entraîneur a utilisé un rapport de force et le cheval lui … n’a pas été d’accord (on va dire ca comme ca). Comme quoi il faut toujours utiliser calme et douceur avec les chevaux difficiles 😀

On trouvait encore facilement à travailler dans ce milieu mais quelques années plus tard les courses ont commencé à aller très mal en Belgique et l’hippodrome de Groenendael qui n’a pas eu une vie bien longue. Il a été ferme au milieu des années 1990 et a été abandonné puis totalement détruit au début des années 2000.
L’hippodrome de Boitsfort a également fermé mais celui-ci n’a pas été détruit. Certains des bâtiments ont complètement été restaurés et l’ensemble de l’infrastructure sert à autre chose.
L’hippodrome de Sterrebeek a lui aussi été fermé et à l’heure actuelle toutes ses infrastructures (les bâtiments des écuries étaient en parfait état pourtant) ont été complètement détruits eux aussi.

J’ai vu des photos de gens qui ont photographié cet abandon et c’est vraiment avec énormément d’émotion et de nostalgie que j’ai regardé ces photographies. Plus spécialement de l’hippodrome de Groenendael où j’ai le plus promené des chevaux.

Je me souviens encore de tous les noms des chevaux de la 1ère écurie où j’ai travaillé.
De Blanchisette que j’ai le plus promenée et que j’ai un jour montée en promenade … le sang du célèbre RIBOT coule dans ses veines

D’ Ishamo l’étalon que j’aimais terriblement, qui en 1981 a gagné la triple couronne (le Duch Derby, le ST Léger et les 2000 Guinées). Le sang du tres célèbre PRINCE ROSE coule dans ses veines.
J’ai il y a deux ou trois ans retrouvé sa trace. Il a été vendu comme reproducteur dans un haras en Hongrie, pour l’amélioration de la race des chevaux de sport

D’ Ilsassa
 que j’aimais également beaucoup et qu’un jour j’ai monté dans la cour et qui a gagné les Duch Oaks, le sans d’ATHANASIUS, PRECIPITATION coule dans ses veines.

Puis des autres Chaska, Farina, Mairetta, Shako (lui je l’ai ramené 2ème du petit grand prix de Waregen ), Casparo (un jour en arrivant le matin le box etait vide – rentré une fois de plus boiteux il a ete envoyé à la boucherie ….),l’Effroi,Maisharino … et ceux du haras aussi …

Puis tout s’est arrêté pour moi  car la vie m’a appelé dans une région où ne se trouvaient ni entraîneurs, ni hippodrome.

Les années ont passé et je suis venue m’établir en France.

J’ai pu un jour visiter l’écurie et les infrastructures de l’école militaire.
Lorsque j’ai pu « sentit » l’odeur des écuries , lorsque je suis rentrée dans la sellerie, que j’ai humé l’odeur du cuir, je n’ai pas pu retenir quelques larmes.

En 2011/2012 j’ai eu envie de refouler les hippodromes, mais pas en tant que spectateur. En tant que photographe .

J’ai alors écrit à France Galop qui ne m’a pas répondu.

J’ai alors tenté le coup avec Le Cheval Français et les portes de l’hippodrome de Vincennes m’ont été ouvertes.
Jusqu’en 2015 j’ai pu vire ma passion en me trouvant comme photographe non professionnel dans l’enceinte du pesage, des écuries, sur les pistes. C’était le bonheur total.
Puis un jour cela n’a plus été possible. Plus la possibilité pour les photographes non professionnels de se voir accrédités. J’ai alors écrit au cheval français et à l’hippodrome pour leur dire ce que j’en pensais (car je voyais bien à la télévision que des photographes non professionnels s’y trouvaient encore … j’ai même eu l’occasion de me faire insulter par un faux-tographe, de me voir largement et sérieusement rabrouée par un autre alors que j’ai toujours été dans mon droit là bas et que je n’embêtais personne.
J’ai préféré tourner la page plutôt que de polémiquer.

Il y a quelques années j’entendais Criquette dire qu’elle accueillait volontiers dans son écurie des passionnés. Je l’ai prise au mot , je l’ai contactée et suis allée lui rendre visite à Chantilly dans sa cour, la veille du dernier Qatar de Trêve.
L’année dernière je l’ai recontactée car je voulais venir lui dire au revoir alors qu’elle arrêtait d’entraîner.

Mes photographies et se trouvent sur les liens cliquables en vert et en gras ici,

Mes articles et photographies de Chantilly se trouvent sur le lien cliquable en vert et en gras ici 

Mes photographies de Vincennes se trouvent sur le lien cliquable en vert et en gras ici

Mes photographies d’Auteuil se trouvent sur le lien cliquable en vert et en gras ici

Mes photographies de Longchamp se trouvent sur le lien cliquable en vert et en gras ici

Mes photographies de Maisons Laffitte se trouvent sur le lien cliquable en vert et en gras ici

J’ai dans l’idée d’aller voir un entraîneur à Maisons Laffitte.
J’aimerais pouvoir faire un petit reportage dans un haras (un grand ou petit)
J’aimerais pouvoir avoir la possibilité de venir sur les hippodromes de galop
mais mon rsa, mon pass navigo et ma santé ne me permettent pas des dépenses et des déplacement bien loin

Et j’aimerais qu’on me contacte pour ml’aider à réaliser ces envies.

Je ne suis qu’une passionnée ❤
C’était l’histoire de ma passion et du rêve que j’avais adolescente et que j’ai pu vivre quelques années.

 

Publicités