Urbex , les ruines, l’exploration et moi

Tout d’abord,  j’aime l’architecture en général ; j’ai souvent le nez en l’air sur les bâtiments en ville, mais j’aime et j’adore la campagne également et là aussi je trouve de quoi assouvir ma passion des vieilles pierres.

J’aime – avec un grand « A » -,  les châteaux, les gros volumes, les très gros volumes, le lourd. Mais j’aime et suis attirée par bon nombres d’entre eux.

*  je caresse le rêve de pouvoir me rendre en Irlande ; parcourir les différents comtés, « Galway », « Limerick », « Cork », « Dublin », « Westmeath », « Carlow » etc … me promener dans la campagne sauvage et découvrir ces superbes ruines qu’étaient les châteaux appartenant aux familles « Carew », « lord Carbery », « Lawrence du Lancashire », « Lady Walscourt » etc …
* j’aimerais beaucoup également découvrir l’Ecosse, ce pays sauvage et ces ruines de châteaux de toutes beauté.

J’aime aussi les grands et petits corps de ferme, les manoirs, les grandes propriétés oubliées au fond des bois ou à l’abord des villages.  Lorsque j’en découvre, lorsque je découvre une ancienne usine, un vieux moulin, d’ anciennes fabriques mortes depuis longtemps, des gares oubliées et cachées au fond des bois ou encore des lieux de loisir ou de villégiature qui ont vu passer des milliers et des milliers de gens et qui sont endormis depuis bien longtemps ; je ferme les yeux et j’essaye d’imaginer ce qu’ils ont pu être de leur vivant.

J’ai dans le passé fait des spots glauques, visité des endroits tout cramés , de simples maisons, des endroits sans âmes. Mais c’était pour faire plaisir à ma co-exploratrice du moment, parce-que lorsqu’on est plusieurs, ou en groupe, il faut faire plaisir à tout le monde en terme d’exploration.
On ne peut pas tous aimer les châteaux et leurs histoires …

Ma passion première est la photographie et j’aime allier photographie et Urbex (ou exploration urbaine).

Et tout d’abord l’urbex , c’est quoi pour moi ?
C’est de l’exploration ;
– qu’elle soit urbaine (la définition du dictionnaire est >>  relatif à la ville, citadin),
– qu’elle soit rurale  (de la campagne)
– qu’elle soit maritime (de la mer)
D’ailleurs la définition anglaise d’urbain est « urban »

Il n’ a pas longtemps encore je discutais avec une personne qui affirmait « faire de l’urbex » lorsqu’il visitait des endroits qui étaient encore habités ou exploités.
Pour ma part je n’appelle pas cela de l' »urbex » et cela n’a aucun sens de faire ce genre de visite. Et, cela ne m’intéresse absolument pas.
Je passe beaucoup de temps parfois à rechercher des endroits par le biais de mon ordinateur.
Quelles sont les pistes que j’utilise ?
Et bien,  vous resterez sur votre faim.
Le monde de l’urbex est silencieux et ne divulgue rien ; ni la manière dont on recherche des lieux, ni même les endroits où on en trouve (nom de ville, village ou même nom du château, de la fabrique, de l’ancienne ferme etc …)
On passe parfois beaucoup de temps à « chercher » un nouvel endroit qui n’ai pas encore été exploré et qui soit encore dans un état correct, qui puisse encore nous raconter quelque chose de sa vie passée.
On n’a pas envie qu’il soit encore plus dévasté par des personnes indélicates qui ne viennent que pour casser, taguer, détruire, je dirais même saccager.
On n’a pas envie que les lieux découverts ne deviennent des parcs d’attraction gratuit à sensations fortes.
C’est pour cela que même si on montre nos photographies ou reportages on reste muet sur le vrai nom de l’endroit visité et qu’on lui donne en général un surnom, un « pseudo ».Ce que l’on fait parfois, c’est de raconter une histoire tout à fait fictive ou alors en se servant d’éléments de la vraie histoire du lieux et en en changeant les noms bien évidemment.
Malgré cela certains lieux deviennent de véritables autoroutes ou de Marie couche toi là. Tout le monde y vient, tout le monde veut y entrer …
>>>>  je vais citer le château des Singes en exemple,
j’ai découvert sur internet et sur une chaîne youtube une vidéo qui montre la visite qu’à fait un homme qui venait de l’étranger et où on le voyait essayer de forcer portes et fenêtre pour entrer (alors que le château avait été complètement refermé depuis son rachat)  et où j’ai vu une horde d’ados (ils étaient au nombre de 8 ados) en mal de sensation forte qui eux essayaient avec plus de force que notre homme, de rentrer par n’importe quel moyen, même en cassant quelque chose.

Et si, concernant le château des Singes l’on voit une « piste » qui pourrait mener vers le village où il est situé, c’est que ce n’est malheureusement plus un secret pour personne.

Si je raconte cela c’est que depuis un petit temps déjà la  pratique de l’exploration est devenue pour certains comme un petit jeu, une façon de se faire peur, une « promenade du dimanche » que l’on vient faire en famille parfois,  une façon qu’on certaines personnes de se faire connaître en disant ; regardez, moi aussi je fais de l’urbex !

Ce que je déplore est que le secret du nom des lieux ou des endroits visités n’est plus respecté depuis belle lurette, et par une très grande majorité de personnes s’adonnant à la pratique de l’exploration.
Il y a les petits nouveaux qui ne connaissent pas cette règle et qui très innocemment donnent des noms, des pistes ou même diffusent leurs images montrant des pistes « grosses comme des maisons » qui permettront de trouver.  >>>  aux innocents ; je ne leur reproche rien.
Mais il y a celles et ceux qui se moquent de cette règle et donnent à tout va nom de village, du château ou de la ferme ou de l’usine, et même les géolocalisations ! Des français, mais aussi des Américains, des anglais. (ce n’est pas chez nous alors on s’en moque. A l’un d’eux que j’avais contacté j’ai eu cette réponse (mais , ce n’est qu’une ruine, il n’y a plus rien dedans) >>> NO COMMENT !
De toute façon je remarque de plus en plus que les vrais noms de lieux sont directement divulgués. Il n’y a presque plus de secret gardé.

Alors il y en a aussi avec qui j’ai discuté longuement, qui disaient et affirmaient ne rien divulguer, qui étaient des vieux de la vieille en la matière, qui au grand jamais ne donneraient des informations.
Maintenant, parce-qu’ils ont « fait » ces lieux,  sous prétexte que ces endroits ne sont plus que  ruines, qu’il n’y a plus rien à y faire, que cela devient dangereux d’y aller, que des travaux de début de restauration ont été entrepris (souvent arrêtés peu de temps après), les noms sont diffusés à tout va.
On a vu aussi des urbexeurs se faire filmer par des équipes de télévision durant les explorations. Ces mêmes équipes de télévision ou journalistes de la presse écrites ne tiennent pas les secrets pour la plupart et on peut dire que grâce à eux, bon nombre d’entre nous ont pu trouver des endroits.
La diffusion de livres n’est pas de mon goût non plus.
Dans certains livres on peut trouver  les noms et localisation d’endroits qui sont toujours à l’état d’abandon et exploitables pour certains (je parle de la France, d’endroits où on peut plus ou moins facilement selon que l’on soit véhiculé ou non, se rendre – je ne parle pas d’endroits à l’autre bout du monde …). Je trouve cela  … dommage (je vais dire ca ainsi).
Je me suis vu entendre dire, mais ca appartient à personne !
Ce n’est pas parce-que une propriété est abandonnée qu’elle n’appartient à  personne !!!

– Abandonné signifie qui n’est pas occupé

Jusqu’il y a à peu près un an et comme je ne possède pas de voiture ni même  de permis de conduire, j’ai fait des sorties avec deux personnes différentes. Comme on ne peut pas s’entendre avec tout le monde et que je n’ai pas été respectée , soit ai été carément laissée en plan, je fais dorénavant cavalier seul.
Alors sans véhicule, l’exploration n’est pas évidente mais reste possible.
Les trajets sont souvent longs et fatiguants, je n’ai pas un coeur en bon état et je n’ai plus 20 ans. J’ai donc des contraintes à respecter et je dois faire attention à la fatigue.

A la question: qu’est-ce-que j’éprouve lorsque je pars sur un lieux d’exploration que j’ai repéré et réussi à localiser ?
– Lorsque je descend du bus ou du train j’ai presqu’envie de déjà me trouver façce à celui à qui je vais rendre visite.  Il y a aussi le fait de faire attention à rester discret, ne pas se faire repérer (porter aussi des vêtements sombres et non pas rose fushia).
Mais avant de partir je repère au mieux l’endroit sur google map ou earth pour voir quel est son environnement ; est-ce-qu’il y a des habitations à proximité, est-ce-qu’il y a des chemins de terre, des champs, du passage routier etc …j’essaye aussi de répérer une entrée possible.
A l’approche le palpitant s’accélère, l’adrénaline monte. Est-ce qu’il y aura une entrée (portail largement ouvert voire pas de portail du tout, grille a terre ou inexistante etc …)
Lorsque je me trouve devant , souvent je me dis …p….n,  ce que c’est beau.
Vous allez trouver ca con peut-être mais mentalement je me présente en disant que j’aimerais visiter l’endroit, simplement le visiter, le regarder, m’en imprégner et faire des photographies car j’aime l’architecture et les vieilles pierres.
Une fois entrée c’est bien souvent une odeur particulière qui monte aux narines, une odeur d’humidité bien évidemment, parfois aussi de matériel qui a brûlé, même s’il y a longtemps.  Je fais le tour des pièces en espérant y rencontrer de belles choses du passé ;
– belles cheminées (lorsqu’elles n’ont pas été volées)
– belles boiseries (lorsqu’elles n’ont pas été volées elles aussi)
– de belles sculptures
S’il reste des objets, des journeaux, des revues et du mobilier je suis ravie. Je suis ravie parce-que je peux ainsi essayer de savoir à quelle époque le château, manoir ou autre a été abandonné.
Je vais citer le château du cavalier :
>>> là j’ai prit mon pied (permettez moi cette expression), je voyais les petites gens s’affairer dans les pièces, aux cuisines, monter le thé de Madame, apporter le sjourneaux à Monsieur, dans les étages des bonnes je me plaisais à imaginner la vie là haut sous les toits. Dans la salle toute boisée j’ai aimé penser à des soirées dansantes endiablées. Ce fut un réel bonheur et une des plus jolies explorations.
A ce propos : il ne faut pas se fier ainsi aux gens qui vous disent qu’une exploration n’est plus possible.
<<< rendez-vous compte par vous même.
Pour ce château on m’a affirmé non ce n’est pas possible on ne peut pas y aller ensemble, mais je te dis que non bon sang.
ok, j’y suis allée et n’ai pas eu plus de problème que cela. Comme quoi ! 😀

L’ urbex et ses règles
Il n’y a pas de règles, je dirais qu’il y a des « normes », que l’on respecte … ou pas (pour certains)
– on respecte l’endroit que l’on visite
– on ne dégrade rien (par des détritus, des papiers)
– on ne fume pas ! (j’en ai vu qui fumaient dans des endroits et même des champs d’herbes sèches  tout en haussant les épaules  !)
– on ne laisse pas traîner de petites culottes …
– on ne vole pas d’objet (je ne parle pas d’un petit caillou ramassé sur le sol)
– on laisse tout ce que l’on voit tel qu’el, on ne déplace rien
– on ne laisse que l’empreinte de ses pas

Vous vous appercevrez que dans ce petit monde de l’urbex on ne se fait pas que des amis.
A celles-ci, à ceux-ci et aux anges … je les emmerde 😀
Aux autres : nous nous rencontrerons peut-être pour une sortie commune à faire (j’ai des adresses en nombre) ou alors nous nous rencontrerons peut-être sur le lieux d’une exploration et nous ferons connaissance 😀
* La pratique de l’urbex existe depuis des lunes, mais n’est pas permise dans le sens ou on entre dans une propriété qui ne nous appartient pas (même si elle est abandonnée, même s’il n’y a pas âme qui vive).
Il y a effraction lorsque vous cassez une porte, une fenêtre ou autre pour entrer, il y a effraction lorsque vous forcez une serrure ou autre.
Si vous faites l’une de ces choses (ce que je ne vous recommande absolument pas), il y aura tout lieu de penser que vous désirez commettre une infraction, un vol ou autre.

Si vous entrez parce-que la porte est ouverte et que vous ne faite que regarder, explorer ou prendre des photos, il y a ce que l’on appelle une violation de domicile.
C’est condamnable, certes , mais, si vous vous faites prendre ;  si vous démontrez que vous êtes là dans le seul but d’admirer, de faire de jolies photographies et de voir ce beau patrimoine et de faire connaissance avec l’histoire,  il y a de fortes chances que l’on vous demande simplement de repartir.

 

yoshimiparis
Paris, le 21 octobre 2016

ps : une legere parenthese pour une tribu ….. qui, voyant que j’interviens chez une personne pour qui elle n’intervient pas du tout . Soudainement et apres une de mes interventions, dans son commentaire « insinue » que « ses » informations ne sont pas de l’intox … ce qui sous entend que les miennes le sont.

Pauvre vieille fille devrais je lui dire, que de jalousie et d’aigreur de sa part 😀